JEAN-JACQUES ROUSSEAU, LE CINEASTE DE L’ABSURDE

Plus de quatre décennies de cinéma, autodidacte, ancien ouvrier maçon, Jean-Jacques Rousseau est le cauchemar des écoles de cinéma., Scénariste, metteur en scène, responsable des effets spéciaux, caméraman et plus de  trente-cinq films dirigés de bout en bout, le tout sans la moindre formation et dans la plus totale liberté de style. Liberté admirée de beaucoup et qui caractérise peut-être le mieux son oeuvre.  Aucune influence n'est jamais venu déranger le travail de JJR qui solidement  plongé au cœur de sa passion a attendu son heure.

Incompris pendant plus de trente ans, il s'est finalement fait reconnaître, au milieu des années nonante grâce au soutien de Noël Godin, entartreur et depuis ami. Puis ce fut au tour  de Canal+ de lui donner un coup de pouce en 1999 comme producteur de son Furor Teutonicus. Après Cannes en 2004, où il fut un des représentants légitimes d’un cinéma différent dans le documentaire Cinéaste à tout prix de Frédéric Sojcher, il est maintenant un habitué des festivals. Il y apparaît invariablement cagoulé de peur que son âme possédée par les forces obscures ne soit volée et à l’image de ses films associe ésotérisme le plus débridé et références historiques dans un méli-mélo jouissif.

Pour l’édition du LUFF2006, il viendra accompagné de son dernier rejeton : L’invasion des succubes, où La folie atteint son paroxisme ! Né du viol médical d'un professeur soviétique sur une jeune russo-mongole, un enfant hybride, enrichi du sang d'un médecin nazi, est enlevé par les succubes. La graisse du nouveau-né ébouillanté redonnera à leur reine Mélusine le pouvoir de se rajeunir et de se régénérer. Dans un laboratoire secret, trois médecins fous œuvrent à une cause commune : la destruction du monde. Joyeux délire en perspective pour cette rétrospective explosive. Pour ce qui est du programme, le choix est simple : sur près de quarante films, seuls cinq  peuvent être diffusés.

Innocent et spontané jusqu’au bout des ongles, loin de toute idée mercantile, JJR a sonorisé ses films en y ajoutant des musiques qu’il trouvait de de-ci de là. Mais la pureté du geste  a son revers : aucun droit n’a jamais été contracté et seules ses dernières créations sont disponibles à une diffusion publique. Pas de soucis : le tonus est toujours bien là! Quarante ans de service, JJR est loin d’être au bout du rouleau.

Classé d’emblée dans les cinéastes underground dès son exhumation lors de la dernière décennie, l’auto-proclamé cinéaste de l’absurde impressionne par son indépendance forcenée et suscite bien des curiosités. Lui qui vit de son art au sens le plus littéral et déclarait : «  Quarante que je me drogue avec de l’acétate de cellulose, que je respire cette odeur qui me manque» amène un nouveau monde dans l’univers cinématographique. Pas de professionnels, mais de sacrées tronches, pas de moyens, mais de sérieuses ambitions. À l’inverse de l’Underground outre-atlantique qui fait bien souvent de l’œil à l’art contemporain, JJR et ses acolytes ont les deux pieds bien ancrés dans un art populaire et universel, celui de raconter des histoires. Bien entendu, pour suivre un récit de JJR, il s’agit tout d’abord de laisser quelques a priori aux vestiaires, et ensuite, bien calé dans son siège,se préparer à quelques élans de fureur. Le sacristain cannibale, en bas de survêtement et sweat-shirt, terrasse bien des maîtres de l’épouvante noyés de dollars sur le terrain du sordide lorsqu’il propose « une petite sieste » à d’innocentes jeunes filles récemment engagées dans sa cure. Sans effort et sans moyen, JJR négocie les longs dérapages, contrôlés ou non, de ces récits. Son ami Godin s’en était tout de suite fait le porte-parole: « Alors que des cinéastes cherchent un grain de folie sans jamais y arriver, pour lui, c'est un état naturel. ». Quel que soit le registre entamé, Eglise, révolution, invasion de forces malignes, toujours ce même esprit affranchi.

Et quand JJR est invité à se positionner par rapport au cinéma plus conventionnel, il nous souffle le mot de la fin : « C’est un cinéma peut être plus artisanal, atypique. On a du mal à le définir, mais les gens ont envie de le voir. Une fois qu’on a vu un Jean-Jacques Rousseau, on a envie d’en voir un autre. ». C’est indéniable le JJR a un goût de reviens-y et nous ne nous en priverons pas.

http://infojjr.be.tf

PROGRAMME 1

Me. 11 octobre, 18h15 - Je. 12 octobre, 20h30
Ve. 13 octobre, 22h30 - Di. 14 octobre, 18h15
Zinéma

FUROR TEUTONICUS
Jean-Jacques Rousseau, 1999, BE
30 min, DV, couleur
Dist : Canal+ production
marc.b(at)grandmagasin.net

IRKUTZ 88
Jean-Jacques Rousseau, 2003, BE
25 min, DV, couleur

Dist : belfilm(at)yahoo.com

PROGRAMME 2

Me. 11 octobre, 20h30 - Je. 12 octobre, 22h30
Sa. 14 octobre, 18h15 - Di. 14 octobre, 20h30
Zinéma

WALLONIE 2084

Jean-Jacques Rousseau, 2002, BE
84 min, DV, couleur

PROGRAMME 3

Me. 11 octobre, 22h30 - Ve. 13 octobre, 18h15
Ve. 13 octobre, 20h30 - Di. 14 octobre, 22h30
Zinéma

LA REVANCHE DU SACRISTAIN CANNIBALE
Jean-Jacques Rousseau, 2004, BE
45 min, DV, nb

LE CHASSEUR DE SUCCUBES
Jean-Jacques Rousseau, 2005, BE
26 min, DV, couleur

Dist : filghtmovie(at)flightmovie.com
www.flightmovie.com

PROGRAMME 4

Je. 12 octobre, 18h15 - Ve. 13 octobre, 20h30
Sa. 14 octobre, 22h30
Zinéma

L’INVASION DES SUCCUBES (avant première mondiale)
Jean-Jacques Rousseau, 2006, BE
65 min, DV, couleur

Musique de Frédérique Rousseau et Christian Leroy