Robert Smithson

Dimanche 15.10 20h45 Paderewski

Né en 1938 dans le New Jersey, Robert Smithson est un artiste connu dans le contexte du Land Art. Ses œuvres monumentales sont réalisées en périphérie, sites qu’il qualifie de paysages entropiques. En thermodynamique, l’entropie désigne la dégradation de l’énergie, et le retour de l’univers à un état figé. Dans son travail artistique, cette notion évoque la décomposition d’œuvres éphémères inscrites dans des lieux qui portent les marques d’un déclin. Contrairement aux ruines historiques, les territoires postindustriels sont dénués de repères temporels, résorbés en un présent continu et stationnaire. Soumises aux ravages du temps, les œuvres disparues sont évoquées de façon métonymique au travers de traces photographiques et filmiques. Cette mémoire offre un commentaire singulier sur le processus de création en réinvestissant la question de la disparition.

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Rundown
Jane Crawford & Robert Fiore, 1994, USA – Beta SP Pal, couleurs, 12’
En 1969, dans la zone périurbaine de Rome, l’artiste réalise Asphalt Rundown, sa première intervention monumentale. Du haut d’une carrière, un camion déverse son chargement d’asphalte, créant une masse informe opposée à l’idée de construction. Par la suite, d’autres actions mettent en oeuvre des processus similaires: Concrete Pour (1969), Glue Pour (1970).

Sheds
Jane Crawford & Robert Fiore, 2004, USA – Beta SP Pal, couleurs, 22’
Ce montage réalisé après la mort de l’artiste associe des documentations de Partially Buried Woodshed (1970) et Mica Spread (1970). La première intervention accélère la destruction du temps en enterrant partiellement un abri en bois.

Mono Lake
Nancy Holt, Robert Smithson, 1968-2004, USA – Beta SP Pal, couleurs, 20’
La visite d’un des plus vieux lacs d’Amérique du Nord en compagnie de Michael Heizer suscite une lecture singulière du paysage.

Spiral Jetty
Robert Smithson, 1970, USA - 16mm, couleurs, 35’
En 1972, la jetée monumentale réalisée sur le Grand lac salé est submergée par une montée des eaux. Au-delà d’une documentation, le film développe un cadre de réflexions sur la relation à la mémoire. Le commentaire placé en ouverture affirme d’emblée que l’histoire de la terre ressemble aux pages déchirées d’un livre, récit incomplet dont les indices manquants doivent être réinventés. Elliptique, le montage tisse des liens entre les séquences éclatées du monument déchu et celles de répliques de dinosaures, éclats ponctués par une parole d’artiste entre poésie et commentaire scientifique.

Swamp
Nancy Holt, Robert Smithson, 1971, USA – 16mm, couleurs, 6’
Dans un marais du New Jersey, l’artiste adresse des directives verbales à sa femme qui tient la caméra. Des obstacles visuels et physiques soulignent les limites de la perception.