Valie Export

Samedi 14.10 20H30 Cinématographe
En présence de Valie Export

En 1966, Waltraud Höllinger adopte le pseudonyme de VALIE EXPORT, expression inspirée par une marque de cigarettes autrichiennes, les Smart Export. Troquant son patronyme contre un emblème marketing, elle rend perceptible les différentes formes d’appropriation du corps de la femme, avatar publicitaire en puissance. Dans le contexte misogyne de l’actionnisme viennois, ses revendications féministes détonent. Si les premières propositions plastiques de VALIE EXPORT sont influencées par ces figures masculines virulentes, les travaux suivants développent des enjeux politiques similaires avec un point de vue alternatif. Investissant l’espace public, elle réalise des actions envisagées comme du cinéma élargi : « Par Expanded Cinema j’entends l’extension du film traditionnel à la scène et à la rue, en rompant la chaîne conventionnelle et commerciale de fabrication du film. »  A titre d’exemple, lors de la performance intitulée Genital Panic (1968), elle terrorise le public d’un cinéma, parcourant les rangées revêtue d’un pantalon échancré autour du sexe et munie d’une arme. Le confort de la représentation se retrouve confronté à la brutalité du réel.
Ces « Körper Aktion » jouées dans l’intimité de l’atelier ou dans l’espace urbain suscitent traces photographiques, filmiques et bandes vidéo. Le film fait l’objet d’une attention particulière de l’artiste qui devient membre de la Coopérative des Réalisateurs autrichiens à partir de 1967.

Einszweidrei, Ernst Schmidt Jr.
1965-68, Autriche, 10’, 16mm
Expérimentation combinant des actions de Mühl, Brus, VALIE EXPORT et Peter Weibel.

Orgasmus
VALIE EXPORT, Peter Weibel, 1967, Autriche, 2’33, 16mm (proj. vidéo), n&b
Comme le titre l’indique, le film alterne des plans entre l’origine du plaisir et son effet…

Tapp und Tastkino
VALIE EXPORT, Peter Weibel, 1969, Autriche, 1’33, 16mm, n&b
Le film retrace une action réalisée dans la rue, à Vienne, Munich, puis Cologne. VALIE EXPORT déambule, affublée d’une boîte dont une paroi est obstruée par un rideau. Muni d’un magnétophone, Peter Weibel incitait les badauds à introduire leurs mains dans l’ouverture voilée et toucher les seins dénudés de l’artiste. Cette reproduction du dispositif de la salle de cinéma met à nu les projections secrètes de pulsions voyeuristes, opposant le réel à la représentation.

Man & Frau & Animal
VALIE EXPORT, 1973, Autriche, 10’, 16mm, n&b
Dans l’espace de la salle de bains, une succession de gros plans sur des tuyaux, robinets et autres conduits suggèrent une lecture sexuelle de cette plomberie. En solitaire, dans un théâtre de jets d’eau, l’artiste met en scène son propre plaisir. Entre la division des sexes, la part animale surgit comme un dénominateur commun, mu par un désir semblable.

Remote Remote
VALIE EXPORT, 1973, Autriche, 12’, 16mm, couleur
Ce film met en scène le passage de l’innocence de l’enfance à la violence d’une socialisation humaine. Ce viol est marqué par une blessure physique, manucure mutilante que l’artiste s’inflige volontairement. Le gros plan sollicite l’empathie du spectateur, souffrance atténuée par un bain dans un bol de lait. En alternance, une photographie en noir et blanc tirée des archives de la police ponctue l’action. L’image évoque le souvenir d’enfants abusés par leurs parents.

Asemie Kurt Talos
VALIE EXPORT, 1973, Autriche, 9’, n&b, vidéo
Ce film plonge le spectateur dans la suite de rituels qui constituent la performance focalisée sur l’incapacité à s’exprimer au travers du corps et du langage.

Hyperbulie Hermann Hendrich
VALIE EXPORT, 1973, Autriche, 6’40, vidéo, n&b
Ce film retrace une performance qui met le corps sous tension…

I [(beat) It]
Michael Ballhaus, 1978, Autriche, 2’, vidéo, n&b
Les images de cette vidéo installation marquent l’émergence de la peur face à l’agression d’une représentation.

 

Valerie Export - Smart export 1969-1970, collection de l'artiste
I[beat]it
Tapp und Tastkino
Orgasmus
hyperbulie